Pour les chirurgiens-dentistes, se former régulièrement n’est pas qu’une bonne pratique : c’est une obligation légale. Le DPC (Développement Professionnel Continu) impose depuis 2016 un parcours de formation structuré pour maintenir et actualiser les compétences cliniques. Mais comment honorer cette exigence sans désorganiser son planning, fermer le cabinet ou frustrer les patients ? La solution réside dans le choix de formats adaptés et une organisation rigoureuse. Cet article détaille toutes les clés pour se former sans perturber son activité.
Comprendre le dpc et ses obligations pour les chirurgiens-dentistes

Le Développement Professionnel Continu (DPC) constitue une obligation légale pour tous les chirurgiens-dentistes exerçant en France, indépendamment de leur statut ou de leur mode d’exercice. Depuis son instauration en 2016, le dispositif vise à garantir l’actualisation des connaissances et l’amélioration des pratiques professionnelles. Le DPC s’appuie sur plusieurs types d’actions complémentaires : la formation continue (FC), l’évaluation des pratiques professionnelles (EPP) et la gestion des risques (GDR). Chaque praticien doit réaliser au moins deux de ces trois types d’action sur chaque période triennale.
Cette approche pluridisciplinaire permet de concilier théorie, analyse de cas cliniques et prévention des erreurs. Pour beaucoup de dentistes en exercice libéral, jongler entre ces exigences et la gestion quotidienne du cabinet représente un véritable défi. C’est pourquoi comprendre précisément les modalités du DPC permet de mieux anticiper et d’organiser son parcours sans subir la pression de dernière minute.
L’obligation triennale et ses modalités
La période triennale en cours s’étend du 1er janvier 2023 au 31 décembre 2025. Durant ces trois ans, chaque chirurgien-dentiste doit valider un total de 42 heures de DPC, soit 14 heures par an en moyenne. Ces heures peuvent être réparties librement, à condition de respecter les types d’actions prévus. L’idéal est d’opter pour un programme intégré, qui combine formation continue et évaluation des pratiques dans un seul cursus et valide l’obligation en une seule fois.
Outre le DPC généraliste, certaines formations spécifiques restent obligatoires. La radioprotection des patients constitue une formation initiale de 21 heures, avec un renouvellement de 7 heures tous les 10 ans. De même, la formation aux gestes et soins d’urgence (AFGSU) impose une session initiale de 21 heures puis un recyclage de 7 heures tous les 4 ans. Ces formations complémentaires ne se substituent pas au DPC, mais s’y ajoutent.
Pour faciliter le suivi, l’Agence nationale du DPC propose un compte personnel sur agencedpc.fr. Ce portail centralisé permet de consulter l’offre de formation, de s’inscrire et d’éditer une synthèse de son parcours. Cette synthèse est essentielle pour prouver la conformité de son DPC lors des contrôles triennaux de l’Ordre.
Conséquences du non-respect et contrôles de l’ordre
Ne pas remplir ses obligations de DPC expose le praticien à des sanctions disciplinaires prononcées par le Conseil de l’Ordre des chirurgiens-dentistes. Les mesures peuvent aller de l’avertissement simple à la suspension temporaire d’exercice, en fonction de la gravité et de la récidive. Ces sanctions sont inscrites au dossier professionnel et peuvent affecter la réputation et la carrière.
Le Conseil départemental de l’Ordre effectue des contrôles triennaux pour vérifier que chaque praticien a validé ses 42 heures et respecté les types d’actions requises. Pour ce faire, il demande la synthèse du parcours DPC, téléchargeable depuis l’espace « Mon DPC » sur agencedpc.fr. Anticiper ce contrôle en tenant à jour son compte permet d’éviter toute mauvaise surprise et de prouver instantanément sa conformité.
Choisir les formats de formation adaptés à votre activité

La clé pour se former sans désorganiser son cabinet réside dans le choix judicieux du format de formation. Tous les dentistes n’ont pas les mêmes contraintes : certains exercent seuls, d’autres en groupe : certains reçoivent une patientèle dense, d’autres gèrent des urgences imprévisibles. Heureusement, l’offre de DPC s’est considérablement diversifiée pour répondre à ces réalités. E-learning, classes virtuelles, stages courts en présentiel ou programmes intégrés : chaque format présente des avantages spécifiques.
E-learning : flexibilité et autonomie totale
L’e-learning représente le format le plus souple et le mieux adapté aux emplois du temps surchargés. Les modules en ligne sont accessibles 24h/24, 7j/7, permettant au praticien de se former le soir, le week-end ou pendant les pauses. Cette autonomie totale supprime tout risque de fermeture du cabinet ou d’annulation de rendez-vous.
Les plateformes de DPC proposent des parcours interactifs avec vidéos, quiz, cas cliniques et documents téléchargeables. Le rythme de progression est libre : chacun avance selon sa disponibilité et sa capacité d’assimilation. De plus, les sessions peuvent être fractionnées : il est possible de suivre 30 minutes un soir, puis reprendre deux jours plus tard sans perdre le fil.
Ce format est particulièrement prisé pour les programmes intégrés, qui combinent FC et EPP en ligne. Le praticien visionne les contenus théoriques, puis réalise des analyses de pratiques (audits de dossiers, grilles d’auto-évaluation) dans son cabinet, qu’il reporte sur la plateforme. Cette formule valide les 14 heures annuelles en une seule inscription, sans quitter son environnement de travail.
Classes virtuelles et formations courtes en présentiel
Pour ceux qui apprécient l’interaction en temps réel sans les contraintes du déplacement, les classes virtuelles constituent un excellent compromis. Ces sessions en visioconférence réunissent un formateur et un groupe restreint de participants pour échanger en direct, poser des questions et partager des expériences. Elles se tiennent souvent en soirée ou le samedi matin, permettant de maintenir l’activité clinique en semaine.
Les formations courtes en présentiel (demi-journée ou journée unique) restent pertinentes pour des thématiques pratiques nécessitant manipulation ou démonstration. Dans ce cas, la stratégie consiste à bloquer une seule journée dans l’année, de préférence un jour habituellement peu chargé, et de prévenir les patients plusieurs semaines à l’avance. Certains organismes proposent des formats sur le samedi, libérant ainsi totalement la semaine.
Programmes intégrés : la solution complète
Les programmes intégrés sont conçus pour valider en une seule inscription à la fois la formation continue et l’évaluation des pratiques professionnelles. Ils s’étalent sur plusieurs mois et associent modules théoriques (souvent en e-learning), travaux d’analyse de pratiques réalisés dans le cabinet et parfois une classe virtuelle de synthèse.
Ce format offre un triple avantage : gain de temps (une seule démarche administrative), cohérence pédagogique (les actions sont liées entre elles) et flexibilité maximale (la majorité du travail s’effectue à distance). Pour un dentiste cherchant à remplir son obligation annuelle sans perturber son planning, c’est souvent la formule la plus efficace.
Organiser son temps pour concilier formation et consultations
Même avec les formats les plus souples, se former demande de dégager du temps. Or, pour un chirurgien-dentiste en exercice, chaque heure compte. La réussite du parcours DPC repose donc sur une organisation méthodique et une communication claire avec l’équipe et les patients. Anticiper, planifier et communiquer : trois leviers pour concilier formation et activité sans stress.
Planifier les sessions hors temps clinique
La première règle consiste à réserver les créneaux de formation en dehors des heures de consultation. Pour les modules d’e-learning, les soirées et les week-ends sont idéaux. Bloquer deux heures le mardi soir ou le dimanche matin, une fois par semaine, permet de valider progressivement ses 14 heures annuelles sans toucher au planning patient.
Certains praticiens choisissent de fermer le cabinet une demi-journée par trimestre pour se consacrer à la formation. Dans ce cas, il est conseillé de privilégier un créneau habituellement peu chargé (par exemple, le mercredi après-midi ou le vendredi après-midi) et de prévenir la clientèle au moins un mois à l’avance. Afficher une information en salle d’attente, envoyer un SMS de rappel ou publier une note sur les réseaux sociaux contribue à limiter les frustrations.
Pour les formations en présentiel, la stratégie idéale consiste à concentrer l’effort sur une ou deux journées par an maximum, de préférence lors de périodes creuses (rentrée scolaire, vacances scolaires). Certains dentistes profitent d’un pont ou d’une journée de congé pour se former sans impacter l’activité.
Communiquer avec votre équipe et vos patients
La communication interne est essentielle. L’assistante dentaire, la secrétaire et l’éventuel(le) associé(e) doivent être informés des dates de formation dès que possible, afin de ne pas programmer de rendez-vous ces jours-là. Un planning partagé (sur papier ou via un logiciel de gestion du cabinet) facilite la coordination.
Côté patients, la transparence renforce la confiance. Expliquer que le praticien suit une formation obligatoire pour améliorer la qualité des soins est généralement bien perçu. Un message sur le répondeur, une affiche en salle d’attente ou un SMS groupé suffisent. Proposer des créneaux de rattrapage (consultation plus tôt ou plus tard dans la semaine) limite les désagréments.
Enfin, certains cabinets mettent en place un système de roulement entre praticiens associés : pendant qu’un dentiste se forme, l’autre assure la continuité des soins. Cette organisation solidaire permet de maintenir une activité tout en respectant les obligations de chacun.
Sélectionner un organisme de formation agréé et fiable
Toutes les formations ne se valent pas, et toutes ne permettent pas de valider le DPC. Pour qu’une action soit reconnue par l’Agence nationale du DPC et comptabilisée dans le parcours triennal, elle doit être dispensée par un organisme agréé. Choisir le bon prestataire est donc crucial pour éviter de perdre du temps et de l’argent dans une formation non conforme.
Vérifier l’agrément dpc et la qualité pédagogique
La première démarche consiste à consulter le catalogue officiel sur agencedpc.fr. Seules les formations référencées sur ce portail sont éligibles au DPC. Chaque action y est décrite avec précision : thématique, durée, format (e-learning, présentiel, intégré), type d’action (FC, EPP, GDR) et organisme prestataire. Ce référencement garantit que la formation respecte les critères de qualité définis par l’Agence.
Au-delà de l’agrément, il est judicieux d’examiner la réputation pédagogique de l’organisme. Consulter les avis d’autres praticiens, vérifier la clarté des supports, la réactivité du service client et la qualité des formateurs permet de s’assurer d’une expérience satisfaisante. Certains organismes, spécialisés en odontologie, proposent des contenus actualisés avec des intervenants reconnus (universitaires, praticiens hospitaliers, experts du secteur).
Les attestations de formation délivrées en fin de parcours doivent mentionner le numéro d’agrément de l’action, la durée validée et le type d’action. Ces documents sont indispensables pour constituer le dossier de synthèse demandé par l’Ordre.
Éviter les pièges et les offres non conformes
Certaines formations, bien que pertinentes sur le plan scientifique, ne sont pas reconnues au titre du DPC si elles ne figurent pas dans le catalogue de l’ANDPC. Participer à un congrès, un webinaire privé ou une formation non agréée peut enrichir les compétences, mais ne valide aucune heure de DPC.
Attention également aux offres trop alléchantes : formations « gratuites » qui ne respectent pas les modalités pédagogiques, promesses de validation rapide sans travail réel, ou organismes fantômes sans numéro d’agrément. Le financement ANDPC couvre déjà l’intégralité des frais pédagogiques et verse une indemnisation, rendant inutile toute avance financière importante. Méfiez-vous des demandes de paiement en dehors du circuit officiel.
Enfin, privilégiez les organismes qui proposent un suivi personnalisé : accompagnement technique pour l’inscription, assistance pendant la formation, relances en cas de retard. Ce service facilite grandement le parcours, notamment pour les praticiens peu à l’aise avec les démarches en ligne.
Financement et indemnisation : optimiser votre prise en charge
Se former dans le cadre du DPC ne représente aucun coût pour le praticien, à condition de choisir une formation agréée et de respecter les modalités d’inscription. Mieux encore, l’Agence nationale du DPC verse une indemnisation destinée à compenser la perte d’activité liée au temps de formation. Comprendre les mécanismes de financement permet d’optimiser sa prise en charge et, le cas échéant, de mobiliser des fonds complémentaires.
Prise en charge par l’andpc et montants versés
L’ANDPC finance intégralement les frais pédagogiques des formations DPC pour un volume de 14 heures par an et par praticien. Cela signifie que l’inscription, les supports, l’accès aux plateformes en ligne et l’encadrement sont totalement gratuits. En outre, chaque heure validée donne droit à une indemnisation forfaitaire, versée par virement bancaire après validation de la formation.
Pour 2025, l’indemnisation s’élève à environ 45 à 90 euros de l’heure selon le type d’action (les montants peuvent varier légèrement). Ainsi, pour un programme de 14 heures, le praticien peut percevoir entre 630 et 1 260 euros, en compensation du temps consacré à la formation. Cette somme n’est pas un salaire, mais un dédommagement pour la perte de revenus liée à la fermeture du cabinet ou à la réduction d’activité.
L’indemnisation est versée après transmission de l’attestation de réalisation par l’organisme de formation à l’ANDPC. Le délai varie de quelques semaines à deux mois. Pour en bénéficier, le praticien doit avoir renseigné ses coordonnées bancaires (RIB) dans son espace personnel sur agencedpc.fr.
Autres sources de financement : opco et fif-pl
Si le praticien souhaite aller au-delà des 14 heures annuelles prises en charge par l’ANDPC, ou s’il veut suivre des formations complémentaires non éligibles au DPC (par exemple, gestion du cabinet, management, communication), il peut mobiliser d’autres sources de financement.
Le FIF-PL (Fonds Interprofessionnel de Formation des Professionnels Libéraux) finance les formations continues pour les professionnels libéraux, dont les chirurgiens-dentistes. Les montants et conditions varient selon la spécialité et le type de formation. Pour en bénéficier, il faut déposer une demande de prise en charge avant le début de la formation, avec devis et programme détaillé.
Les praticiens exerçant en société (SEL, SELARL, etc.) et employant du personnel peuvent également recourir à un OPCO (Opérateur de Compétences), qui finance la formation des salariés et, dans certains cas, celle des dirigeants. Cette option est surtout pertinente pour les cabinets de groupe ou les structures employant des assistantes dentaires.
Enfin, certaines mutuelles ou assurances professionnelles proposent des aides à la formation. Il est utile de consulter son contrat ou de contacter son conseiller pour connaître les dispositifs disponibles.
Questions fréquentes
Comment se former en dpc dentiste sans fermer son cabinet ?
La solution idéale est l’e-learning, accessible 24h/24 et 7j/7. Les modules en ligne permettent au dentiste de se former le soir, le week-end ou pendant les pauses, sans impacter le planning patient ni désorganiser l’activité du cabinet.
Combien d’heures de dpc un chirurgien-dentiste doit-il valider par an ?
Chaque chirurgien-dentiste doit valider 14 heures de DPC par an en moyenne, soit 42 heures sur la période triennale 2023-2025. Ces heures peuvent être réparties librement en respectant les types d’actions obligatoires.
Qu’est-ce qu’un programme intégré en dpc dentiste ?
Un programme intégré combine formation continue et évaluation des pratiques professionnelles en une seule inscription. Il valide l’obligation annuelle complète, souvent via e-learning et travaux d’analyse de pratiques, offrant flexibilité et cohérence pédagogique maximales.
Le dpc dentiste est-il vraiment gratuit pour les praticiens ?
Oui, l’ANDPC finance intégralement les frais pédagogiques pour 14 heures par an. De plus, chaque heure validée donne droit à une indemnisation de 45 à 90 euros pour compenser la perte d’activité du praticien.
Quelles sont les sanctions si un dentiste ne respecte pas son obligation dpc ?
Le non-respect du DPC expose le praticien à des sanctions disciplinaires du Conseil de l’Ordre, allant de l’avertissement à la suspension temporaire d’exercice. Ces sanctions sont inscrites au dossier professionnel et peuvent affecter la carrière.
Peut-on faire plusieurs formations dpc la même année ?
Oui, vous pouvez suivre plusieurs formations DPC la même année, mais seules 14 heures par an seront prises en charge par l’ANDPC. Au-delà, vous pouvez mobiliser d’autres financements comme le FIF-PL ou votre OPCO.
Note importante : Les informations fournies dans cet article sont à titre informatif uniquement et ne remplacent en aucun cas l'avis, le diagnostic ou le traitement d'un médecin ou d'un professionnel de santé qualifié. Avant de prendre toute décision concernant votre santé, veuillez consulter un professionnel de santé qualifié.











